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ce qui nous anime

 

et meutes
(éprouvant en soi un mouvement collectif)


et meutes est un collectif d'artistes à géométrie variable, qui se donne comme objectif d'aller à la rencontre de visages et de paysages, de questionner, d'expérimenter, en coopération, explorant des démarches et médias artistiques pluriels.
et meutes anime un lieu d’expositions et de résidences d’artistes : méandres.
et meutes est une association loi 1901, membre de la FRAAP — fédération des réseaux et associations d’artistes plasticiens — et du réseau CNLII — coordination nationale des lieux intermédiaires et indépendants.

 

Membres fondateurs :
Julie Aybes — photographe, vidéaste
Brigitte Mouchel — plasticienne, écrivain
 
 
Ce qui nous anime :


- Considérant que les artistes ont la responsabilité de participer à la construction d'une culture en mouvement — ensemble d’idées, d’œuvres et de pratiques qui aident à questionner les déterminations de groupes, les habitudes — qui ouvrent un devenir encore inconnu — source d’émancipation et de transformation singulières et collectives ;
- Considérant que les artistes proposent non pas un regard sur le monde, non pas des réponses, mais un cadre de vision singulier qui peut stimuler la pensée et la sensibilité, ménager des écarts, des respirations, loin de la pensée unique et de la conformité des représentations, laissant la place à la pluralité, au complexe, à l’aléatoire, à l’inquiétude, à la fragilité — participant ainsi à construire une version ouverte du monde, à maintenir un désir d'altérité, à fabriquer du commun ;
- Considérant l’art comme l’invention et la mise en usage d’expériences sensibles ;
- Considérant la nécessité d'une certaine autonomie et d'une liberté certaine ;
- Considérant l’imperceptible, le ténu, la discrétion, l'attention, plutôt que le spectaculaire ;
- Considérant l'intensité, la gravité, la pensée en mouvement, plutôt que le divertissement ;

Nous cherchons à donner à voir une image du monde qui ne soit pas rassurante, ni confortable, qui pousse à la vigilance, à l’attention pour ce qu’on entend, ce qu’on voit, ce qu’on perçoit. Nous tentons de montrer la complexité du monde contemporain, la manière fragmentée dont il nous arrive, là où l’histoire collective croise, traverse, se heurte aux histoires singulières, aux territoires parcourus en mémoire ou en rêve, à la recherche de lieux et de récits possibles. Nous cherchons à provoquer et mettre en éveil les sens, les perceptions, y compris l’intuition, et ce qui nous advient : l’imaginaire, les réminiscences, les songes.

 

Ce que nous mettons en œuvre :


- Expositions / scénographie : arts visuels & littérature. Nous travaillons le mixage, les superpositions, les accumulations, les agencements. En mettant en rapport, en pratiquant l’art du montage, nous inventons des lieux et des histoires, nous explorons des entre-deux, des croisements de hasards, les rencontres entre des registres divers — artistiques, philosophiques, sociaux, techniques.

- Diffusions : présentations accompagnées de débats, échanges, réflexions, publications, et ateliers d'explorations artistiques — les espaces sont choisis, accessibles, traversés, publics… — au sein de la galerie méandres à Huelgoat.

- Accueil de projets : résidences (dès que nos moyens le permettront) dans le but de proposer du temps de création, de réflexion et d'échanges, pour des propositions artistiques porteuses de sens, ouvertes. Une attention particulière sera portée à la valorisation du travail effectué (publication, diffusion, mise en réseaux).

- Accompagnement administratif d'artistes-auteurs en Finistère : documentations et conseils, dans un souci d'entraide, de mise en réseau, de mutualisation des questions, d'accès à l'autonomie et la prise de conscience de son statut, ses droits, ses obligations, son rôle et ses possibilités d'agir.

Nous fonctionnons pour l'instant avec peu de moyens, mais impatients, forts de nos convictions, exigeants dans nos démarches et projets, concernés par le monde contemporain, ses habitants, ses bruissements et craquements, ses rumeurs. Nous tenons à développer nos projets, malgré la rugosité de l’écosystème artistique (peu d’opportunités, difficile reconnaissance de l'institution, dérives du marché de l'art, difficultés d'existence des associations).

 

Projets:


- Edition de livres d'artistes à quatre mains, deux regards, quelques paysages et mémoires.

- Les vestiges aériens
Il s’agit d’interroger la présence de vestiges dans le paysage et le territoire: à travers les édifices eux-mêmes, mais aussi leur contexte, leur géographie — les plis, les gens, les fossés, les ciels, les lisières... pour que surviennent des histoires qui restent parcellaires, lacunaires, à découvrir, mais aussi, un peu, à inventer.
Nous questionnons les paysages traversés en laissant la représentation distante, sans enjeu de consolation, ni de réconciliation, avec l’envie que cela reste inquiétant, sans simplification ni explications — il ne s’agit nullement de réaliser des documentaires. Nous cherchons à enregistrer l’expérience du lieu — pas la chose elle-même, mais l’effet qu’elle produit: le sentiment d’étrangeté, une tendresse pour les choses imperceptibles, pauvres, humbles, les lieux et les histoires un peu bancales, "penchées".
Il y a l'étrangeté d’abord, comme une inquiétude dans le paysage. C’est un vestige, un lieu déserté dont on ne sait plus quoi faire, trace dans le paysage, les mémoires et les imaginaires. Il est là, il reste. C’est un paysage avec ruines, un lieu habité, même vide, emprunt d’usure du temps, d’abandon. Il reste des traces, jusqu’à même, peut-être, rien. Il s’est passé quelque chose, quelqu’un est passé, l’absence est survenue.
Ce projet a démarré dans le Calvados, autour de la mine de fer de Gouvix-Urville. Il se poursuivra sur d’autres territoires.

- S'inquiéter, confusion des silences
Résidence à Ouessant: Une île est un lieu chargé de représentations, de désirs, d'imaginaires, mais aussi d'histoires petites et grandes, de rumeurs, de légendes, de réalités quotidiennes banales. L'île, par son isolement, ses lumières et ses bruits particuliers, ses nuits, les habitudes singulières de vie, les rythmes… suscite des émotions diverses, voire contradictoires: espace clos et ouvert, protégé et fragile, à l’écart des bruits du monde et sentinelle au cœur des tempêtes, signaux et messages. L'île peut inciter au silence, au recueillement, à l’intime, au paisible, au repli ou encore à un certain malaise, une certaine fièvre, un sentiment d’étrangeté ou de perdition…
Ainsi, l'île est un lieu propice à l'exploration des inquiétudes:
- le monde et ses "bruits", l'extérieur, l'espace public, ne sont pas forcément sources d'inquiétudes
- la quête du silence, du paisible, ne nécessite pas forcément un lieu protégé. Silence et paisible peuvent être ressentis — et parfois mieux — dans un lieu "inquiété"
- l’incertitude — l'inconnu, l'étrange, la mise à nu — n’est pas source d'inquiétudes, mais de richesse, de changements, d'échanges
Collectes puis projet d’édition et d'exposition avec vidéos, création sonore, photographies, collages et textes.

- Lieux habitables
Habitable ne fait pas ici référence à un lieu où s’installer, où vivre. Il ne s’agit pas non plus d’un lieu paisible. Surtout pas. Il est question d’une rencontre, avec un instant, un ressenti, quelque chose qui traverse. C’est sentir soudain le vent, et aimer que ce soit soudain.
Saisir — être saisi par — des lieux, rencontrés en errance, sans but. Lieux qui n’ont aucune particularité, qui ne sont pas du tout "pittoresques", qui ne sont pas reconnaissables par des géographes, des aménageurs, des guides touristiques, mais reconnaissables par des "habitants", avec une part de familier, quelque chose qui attache, qui fait écho, qui ressemble, même si ce sont des lieux sans noms.
Recherche dans une présence au monde tel qu’il est aujourd’hui, de lieux abîmés, désertés, maisons croisées au bord des routes de nuit, silhouettes qui se hâtent au crépuscule. Une présence inquiète dans un monde chaotique, de ruines et de migrations, où les personnes et les peuples se délitent. Et au-delà, c’est justement parce qu’ils sont dépeuplés que, de ces lieux-là, peuvent malgré tout naître des envies de peuples. C’est là que quelque chose est possible, c'est là qu'il s'agit d'habiter.
Quête parallèle entre des photographies prises en errance, et des textes fouillant les mémoires et les rêves, aller-retour, entre-deux de ressentis impalpables, indicibles, mais toujours en quête. Il ne s’agit pas d’illustrer cette idée de lieu habitable. Il s’agit de rendre compte de la recherche de ces lieux.
Projet d'exposition, de lecture-performance et édition d'un livre d'artiste.