accueil book accueil book portefolio actualités book

ateliers

 

ANIMER DES ATELIERS D’ÉCRITURE - MA DEMARCHE

Formée à l’animation d’ateliers d’écriture à l’université de Montpellier (François Bon, Hervé Piekarski…), j’anime régulièrement des ateliers d’écriture poétique depuis 2001. Je suis particulièrement attachée à travailler avec des personnes exclues, marginalisées, empêchées de paroles ou privées de dignité. Ces ateliers s’adressent à des enfants, adolescents ou adultes.

           
Je suis convaincue qu'écrire ouvre à l’altérité. La confrontation au langage interroge les participants sur leur singularité et sur le rapport de chacun aux autres et au monde. Je propose de trouver des écritures singulières pour dire, révéler, inventer le monde tel qu’il traverse et habite chacun, à travers des thèmes comme écrire le temps qui passe, écrire comme on peint, s’adresser à quelqu’un, écrire ce qui nous est étranger, écrire pour se souvenir... Le langage, à travers l'écrit, étant considéré comme une forme artistique de création, d'expression plutôt qu'un simple outil de communication. La littérature, permettant ainsi une ouverture au monde et la reconnaissance pour chacun de sa singularité, est un vecteur essentiel de dignité et d'émancipation.


Je propose d'accompagner les personnes, qu'elles soient ou non en difficulté par rapport à l'écrit, pour chercher des mots, sons, rythmes afin qu'elles disent, révèlent, inventent une part de ce qui les habite, les constitue. L'écriture peut accueillir ce qu’on porte, qui est lié intimement au parcours de vie de chacun, à ce qui a mené là, ce qu'on porte d'espoir, de vie, de rêves, de projets. Partager ce qu’apporte la langue quand elle nomme, et d’abord une reconnaissance symbolique. La langue de tout un chacun porte des phrases inimaginables, décalées, inventives, émouvantes, capables de "dire" les singularités et d'échanger.


Je suis attentive à chacun, parce que l'écriture peut troubler et émouvoir. Il ne s'agit jamais de forcer à écrire, mais d'inviter à des tentatives, respectueusement, en toute liberté. Je donne des pistes. J'accompagne.


Je propose aux participants de partir de leur vie, avec sa part qui nous est invisible, inaccessible: leurs imaginaires, leurs souvenirs, leurs rêves. Leur monde qui se superpose à d'autres mondes, et que la langue peut relier, faire dialoguer, sans violence, ni mépris, ni incompréhension.


La forme poétique est privilégiée, parce qu'elle permet de jouer avec la norme et d'être ailleurs que dans l'écriture scolaire et/ou conventionnelle. Il n’est pas nécessaire de "savoir" écrire pour participer. Chacun écrit à partir de son désir, avec son savoir, dans sa propre langue. L'écriture peut être aussi orale, si c'est la seule possible, mais aussi pour pouvoir l'entendre et l'écouter. Le travail sur les sons, les rythmes, le souffle permet d'impliquer le corps entier avec le langage dans une expression singulière. La lecture des textes écrits en atelier permet d'affiner l'écoute et l'attention, y compris envers soi-même.


J’oriente mes ateliers pour permettre d’expérimenter la rigueur et l’engagement d’une liberté de parole, stimulée par l’échange. Jouer avec les mots, travailler le langage dans un processus de création qui mêle liberté, prise de risques et exigence.

 

En général, mes ateliers d’écriture se déroulent ainsi:

- Un temps de mise en condition, avec une proposition stimulant l’écriture, s’appuyant sur des extraits de textes d’auteurs contemporains. Je prends appui sur des textes d'écrivain de grande qualité, considérant que tout le monde a droit à la plus haute exigence, avec confiance. De nombreuses consignes d'écriture sont possibles à partir des livres de Georges Perec, Henri Michaux, Peter Handke, Blaise Cendrars, Rilke, Claude Simon, Kafka, Pierre Michon, Marguerite Duras, Pierre Reverdy, Marina Tsvetaieva, Lobo Antunes, Faulkner.

Je peux prendre appui également sur des reproductions de tableaux, notamment la peinture abstraite de Mark Rothko (formidable source pour l'imaginaire) ou encore expressive: Edward Hopper, Egon Schiele, Alberto Giacometti… peintres qui ont cherché à représenter des sentiments profonds.

- Un temps d'explication de la consigne, très simple, avec des formes, des techniques, des papiers qui permettent d'éviter d'une part le blocage, l'inquiétude, le malaise, et d'autre part le conventionnel.

- Un temps d’écriture individuelle, mais dans la présence des autres, dans le silence.

- Un temps de lectures et d’échanges: capter et entendre l’écoute des autres, apprendre à s'entendre soi-même.

- On peut ensuite, éventuellement, retravailler les textes pour valoriser ce qui semble intense, important. La poésie est un outil très intéressant pour ce travail là, jouant sur les répétitions, les césures, les rythmes…

 

Je pose en premier le rapport à l’altérité. L’autre est autre et nécessite une posture de respect et d’accueil. Je m’interdis tout jugement moral et esthétique. Je donne des pistes. Je suis catalyseur, déclencheur, accompagnateur. Je cherche à créer une qualité d’émotion qui permette un désir de partage. Je cherche à éveiller, animer, développer une quête de sens, un goût pour le "penser ensemble", au-delà d’un intérêt accru pour la lecture et/ou l'écriture.


"Écrire, c’est aussi devenir autre chose qu’écrivain. Écrire, c’est devenir." (Gilles Deleuze)


"La littérature est le lieu même du soulèvement d’une parole singulière dans les plis de la langue collective. (...) La littérature contemporaine, en tant qu’elle est un art, travaille les articulations, fondamentalement politiques, entre l’être et le devenir, entre l’intime et le social. (…) Écrire, c’est toujours s’adresser, prendre la parole, et la parole pour parler à un autre, à l’autre, serait-il idéal, la prendre pour sauver quelque chose entre soi et le monde, entre soi et l’autre.(…) Écrire, c’est risquer sa voix dans l’inconnu d’une écoute dont on ne sait rien, qui la modifiera ; c’est se battre avec sa propre langue pour exprimer de l’inexprimable, pour exprimer de l’inexprimé, pour gagner en soi-même quelque empans sur le non-dit de tous. Écrire, c’est risquer sa voix.(…) Le geste même d’écrire implique un autre, implique un rapport à l’autre et sa mise en jeu." (Bertrand Leclair)



Détails pratiques, tarifs... ici

Comptes-rendus d'expériences ici